La plupart des organisations ne manquent plus d’ambition ESG. Ce qui leur manque, c’est un moyen de la prouver. Les engagements de neutralité carbone, les objectifs de diversité et les engagements d’approvisionnement responsable sont faciles à annoncer et difficiles à documenter. Investisseurs, prêteurs, clients et autorités de régulation posent désormais la même question : qu’est-ce qui a réellement changé, dans quelle mesure, et comment le savez-vous ?
01Partir de la matérialité, et non d’une longue liste de sujets
Les enjeux ESG couvrent des dizaines de sujets potentiels. Vouloir tous les gérer disperse les efforts et aboutit à des rapports que personne ne lit. Une analyse de matérialité permet de repérer les quelques sujets les plus importants, selon deux angles :
- Matérialité d’impact : la manière dont vos activités affectent les personnes et l’environnement.
- Matérialité financière : la manière dont les risques et opportunités liés à la durabilité influent sur votre propre performance, vos flux de trésorerie et votre accès au capital.
Cette approche à double angle, souvent appelée double matérialité, est celle des normes ESRS de l’UE en matière d’information sur la durabilité. C’est aussi une bonne pratique de gestion en dehors de l’UE. Le résultat doit être une courte liste hiérarchisée de sujets, validée par la direction générale et réexaminée au moins une fois par an.
02Établir une situation de référence fiable
Sans point de départ, impossible de démontrer des progrès. Pour chaque sujet important, définissez ce qui sera mesuré, sur quel périmètre (entités juridiques, sites, chaîne de valeur) et pour quelle période. Pour les émissions de gaz à effet de serre, cela signifie généralement :
- Scope 1 : les émissions directes provenant de sources détenues ou contrôlées, par exemple la combustion de carburants et les véhicules de l’entreprise.
- Scope 2 : les émissions indirectes liées à l’électricité, à la chaleur et à la vapeur achetées, déclarées selon les méthodes fondées sur la localisation et sur le marché.
- Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, réparties en 15 catégories définies par le GHG Protocol.
Le GHG Protocol Corporate Standard et la norme ISO 14064-1 sont les méthodologies les plus répandues. Consignez dès le premier jour votre périmètre, vos facteurs d’émission, vos hypothèses et vos sources de données. C’est cette documentation qui rendra crédible une revue ultérieure.
03Fixer des objectifs précis, datés et comparables
Un objectif tel que « réduire notre empreinte » ne peut pas être vérifié. Un objectif utile indique l’indicateur, l’année de référence, l’année cible et le périmètre couvert, par exemple une réduction absolue des émissions des scopes 1 et 2 par rapport à une année de référence définie. Les bonnes pratiques consistent notamment à :
- Choisir délibérément entre des objectifs absolus et des objectifs d’intensité, et expliquer ce choix.
- Aligner les objectifs climatiques sur une trajectoire reconnue, telle que celle de la Science Based Targets initiative (SBTi), lorsque cela est pertinent.
- Fixer des jalons intermédiaires, car un objectif à 2040 ou 2050 ne fournit à lui seul aucune base de redevabilité aujourd’hui.
- Traiter les sujets sociaux et de gouvernance avec la même rigueur, par exemple la sécurité des salariés, l’équité salariale, les exigences à l’égard des fournisseurs et la supervision du conseil d’administration.
04Construire les données et les contrôles avant de construire le rapport
La première cause d’une information ESG fragile est la faiblesse des données, et non le manque de bonne volonté. Traitez les données de durabilité comme des données financières :
- Désignez un responsable pour chaque indicateur et chaque source de données.
- Définissez par écrit les méthodes de collecte, les règles de calcul et les étapes de revue.
- Conservez une piste d’audit reliant chaque chiffre publié aux éléments probants d’origine.
- Menez des revues internes avant toute revue externe, afin de détecter les erreurs tôt et à moindre coût.
Les organisations qui procèdent ainsi constatent que la vérification externe devient un exercice de confirmation plutôt qu’une opération de sauvetage.
05Relier l’ESG à la gouvernance et à la prise de décision
Un impact mesurable suppose que quelqu’un en soit responsable. Concrètement, cela implique une supervision au niveau du conseil d’administration, une responsabilité claire au sein de la direction, et des liens entre les objectifs de durabilité et l’allocation du capital, les règles d’achat et, le cas échéant, la rémunération. Si les objectifs ESG n’influencent jamais un budget ou une décision d’achat, ils ont peu de chances de modifier les résultats.
06Se préparer à la vérification indépendante
La crédibilité augmente lorsque les chiffres publiés sont examinés par un tiers indépendant et qualifié. Selon le sujet et la juridiction, il peut s’agir d’une assurance limitée ou raisonnable portant sur un rapport de durabilité, de la vérification d’un inventaire de gaz à effet de serre, ou d’une certification au regard d’une norme de système de management. Ces missions sont réalisées par des organismes accrédités ou autrement habilités, et la compétence ainsi que l’accréditation requises varient selon les pays et les référentiels.
ESG360 ne certifie pas, n’accrédite pas et ne délivre aucune assurance. Notre rôle est d’aider les organisations à se préparer à cette étape et de coordonner l’intervention des partenaires accrédités et habilités qui la réalisent.
07Une liste de contrôle simple pour évaluer votre degré de préparation
- Disposons-nous d’une liste documentée, approuvée par le conseil d’administration, des sujets importants ?
- Existe-t-il une situation de référence datée, avec un périmètre et une méthodologie clairement définis ?
- Chaque objectif comporte-t-il un indicateur, une année de référence, une année cible et un responsable ?
- Pouvons-nous relier chaque chiffre publié à des éléments probants ?
- Avons-nous mené une revue interne avant de publier ?
- Savons-nous quelle vérification indépendante nos parties prenantes ou nos autorités de régulation attendent ?
Comment ESG360 peut vous aider
ESG360 accompagne les organisations tout au long de ce parcours : analyses de matérialité et des écarts, revues de la situation de référence et de la préparation des données, aide à la fixation des objectifs et préparation en amont de la vérification, avec le concours de partenaires accrédités pour la vérification indépendante lorsque celle-ci est requise.
Le présent article constitue une information générale et ne saurait être assimilé à un conseil juridique, financier ou en matière d’assurance. Les normes et réglementations évoluent ; nous vous invitons à vérifier les exigences en vigueur pour votre situation.